Le châtaignier (20 Juin 2015)

chataignier

Conférence de Jean-Marc Gunver

 

Le châtaignier (castanea) est très répandu : on le trouve en Chine, au Japon, en Asie mineure, dans le bassin méditerranéen, en Europe centrale et en France, du Limousin à la Bretagne et à la Corse. Il existe aussi des espèces américaines.

En France, on connaît le châtaignier commun (castanea sativa) et des hybrides entre celui-ci et le châtaignier japonais (castanea crenata).

Ce grand arbre (30 à 40 m) peut vivre plusieurs siècles et aime les sols profonds, sableux, frais, bien drainés et des pluies régulières.  Le châtaignier à fruits préfère un sol au pH de 5,5 à 6, moins acide que celui du châtaignier à bois (4,5 à 5,5).

L’arbre est monoïque et les fleurs mâles et femelles  se trouvent réunies sur les 5 premiers bourgeons de la pousse. Une pollinisation croisée est préférable pour obtenir une bonne production.

Le fruit du châtaignier a joué un rôle crucial dans l’alimentation des régions pauvres. Il  est appelé marron s’il est seul dans la bogue, châtaigne dans le cas contraire.

Tremper les châtaignes 8 jours dans l’eau en les  brassant quotidiennement permet de les trier,  les mauvaises remontant à la surface. Après les avoir fait sécher, on les conserve dans du sable de rivière ou de carrière déposé dans des caisses en polystyrène conçues pour les poissons ; le sable améliore leur goût ; On peut aussi les conserver au congélateur.

Dans un verger de châtaigniers à fruits, il faut laisser à chaque arbre un espace de 10m x 10 m, voire 12m x 12 m. Il en résulte une densité maximale de 100 plants par hectare. Les arbres sont à tronc court (1,4 à 1,8m) et on taille souvent  leurs branches en gobelet. Pour moins fragiliser les branches, on peut créer différents étages de branches séparés d’un mètre.

Le châtaignier à bois est, par son implantation, le troisième feuillu de France après le chêne et le hêtre. Son bois a de multiples usages (charpentes, bardages, parquets, meubles, tonneaux, piquets, poteaux de vigne, castagnettes, etc.). Il  est d’usage de dire qu’il accompagne l’homme du berceau au cercueil. En effet, il a peu d’aubier et son duramen se développe très vite, ce qui permet de l’exploiter dès 40 ou 50 ans, bien plus tôt qu’un chêne. De plus, son tanin écarte les insectes.

Enfin, dans une cépée de châtaigniers, il convient de conserver celle des pousses qui est la plus proche du sol, car elle s’affranchira des vieilles racines et produira un plus bel arbre que les autres.

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Bertrand LEROY