Voyage à la Réunion

Voyage à la Réunion en novembre 2005.

La SHPA et la Société d’Horticulture de Vannes organisaient un voyage à la Réunion.
Gérard Le Gal, l’un des participants, nous a fait parvenir un récit de ce voyage.

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la cascade Niagara la Réunion à ne pas confondre avec les chutes du même nom


SALAZIE, MAFATE et compagnie

fournaise-4655aCe titre n’a rien de musical, même si la compagnie est parfois créole. C’est plutôt une succession de noms de cirques, où la flore prédomine et quelle flore variée aux couleurs explosives !

Quitter l’automne breton frileux et humide à Lorient, pour se retrouver dans l’hémisphère sud, après une nuit de sommeil plus ou moins agité, une température avoisinant les vingt-cinq degrés, quel contraste ! Le samedi 5 novembre, un avion d’Air France, pas spécialement affrété, dépose à Saint-Denis de la Réunion, un groupe de 23 touristes en mal de fleurs et de plantes, vu que dans notre région tout sommeille dans les plates-bandes. Beaucoup d’entre nous se posent cette question : comment ce volcan né il y a seulement 3 millions d’années peut-il abriter une des flores les plus riches du monde ?

Un brin de géographie : situé dans l’océan Indien non loin du tropique du Capricorne, l’île de la Réunion fait partie de l’archipel volcanique des MASCAREIGNES (île Maurice, île Rodrigue). A 9200 km de Paris

(11 h. 30 de vol) et 800 km de Madagascar, elle mesure 72 km de long et 51 de large. Un relief très tourmenté et entaillé de ravines, donne environ 200 microclimats.

Le volcan de la Fournaise c’est l’un des volcans les plus actifs au monde. Jeune, il n’a que 500 000 ans. Altitude 2632 m.

 
Cameleon-6bca7Rassurez-vous, nous n’avons pas passé 200 jours à tester ces microclimats.
Deux phases dans notre séjour : avec une première halte sur le nord-ouest de l’île ; et une deuxième mi-temps plus au sud, permettant de voir l’est et l’ouest, ainsi que la zone des hauts, la partie montagneuse.

Très rapidement, sous la férule de Vincent, notre guide créole, lui aussi domicilié en Bretagne (c’est une région de la Réunion) nous allons découvrir les cirques et les plaines, les us et coutumes des habitants, leurs jardins et leurs habitudes alimentaires (punch, riz et grains, et surtout rhum arrangé).

Les sorties quotidiennes vont nous mener d’emblée au musée de VILLELE (nous y découvrirons l’histoire de l’esclavagisme) et très rapidement au jardin d’EDEN.

 

 

 Frangipanier-40e17Déjà les flamboyants, les alamandas et les jacarandas nous sont de plus en plus familiers. Notre visite nous permet de découvrir de multiples variétés d’orchidées, des frangipaniers où se cachent des caméléons. Des filaos en fleurs se penchent sur les allées. Nous découvrons que nos plantes d’appartement prennent ici des proportions qui n’ont rien à envier à nos hêtres ou à nos chênes.

Le lendemain, cap au nord-est et découverte du cirque de SALAZIE, le plus verdoyant, le plus humide, avec ses multiples cascades et surtout sa plante baptisée « CHOUCHOU ». Plante comestible consommée depuis ses racines jusqu’à ses pousses et élément de base de la nourriture. La récolte de la canne à sucre bat son plein, coupée à la main dans 75 % des cas, nous comprenons l’utilité du rhum chez les coupeurs de canne.

 

A HELL-BOURG, village de « changement d’air », il ne reste que des vestiges d’une station thermale, et par contre une explosion de fleurs masque partiellement les tombes du cimetière et envahit les croix.

L’exubérance de plantes à cet endroit n’est pas étonnante, quand on voit au bord des routes une Casecreole-57110prolifération de « pestes » que sont les érigérons et les lantanas ; c’est ainsi qu’ils dénomment des plantes qu’ils ne peuvent maîtriser.

Le même jour, visite aussi de la maison « FOLIO », une demeure coloniale, avec son magnifique jardin. Les fleurs de gingembre voisinent avec les « épines du Christ ». Une pépinière d’orchidées suscite l’intérêt de beaucoup de visiteurs ; mais nous sommes déjà submergés par le nombre de plantes aux noms souvent inconnus et aux couleurs resplendissantes.

Le rêve se poursuit le jour suivant par la visite du jardin de Cendrillon ; un conte à nous en mettre plein les yeux. D’emblée la propriétaire des lieux nous accueille avec ses « pantoufles de Cendrillon » (sabot de Vénus) et un enthousiasme de botaniste désireuse de transmettre sa passion. Les strelitzias paraissent délaissés dans ce bout de terre volcanique, avec ses tonnelles de Strongylodons macrobotrys (liane de jade), et ses fougères émergeant d’une bombe volcanique.

 

 

 

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Départ pour le sud et Saint-Pierre pour y découvrir la zone des dernières éruptions volcaniques. Déjà de petites fougères prennent possession de cesFougerearborescente-04e43 amas de lave. La chaleur est encore présente entre les roches de la coulée de janvier 2005. Nous comprenons alors qu’ici, dans ce paysage rugueux, la végétation prend très vite sa place et pour peu que l’humidité soit présente, nous retrouvons nos ajoncs à quelques kilomètres des forêts de fougères arborescentes.

Après un passage rapide au cap Méchant où la roche volcanique lutte avec les vagues de l’océan Indien, nous retrouvons la quiétude du jardin des senteurs. A nouveau les vanilliers et les orchidées nous agressent, pendant qu’un caméléon nous contemple paresseusement. La technique de fécondation de la fleur de vanillier est très méticuleuse et nous sera expliquée dans le détail. Nous y verrons aussi une variété de Thumbergia grandiflora.

Les jours suivants vont se succéder les visites du cirque de MAFATE et ses îlets ; inoubliable avec seulement ses sentiers pédestres pour y accéder. Le tout cerné par le PITON des neiges, le gros MORNE, et le grand BENARE.
La découverte de forêts de cryptomeria et la fabrication des essences, les géraniums, les sous-bois recouverts d’Arum, seront la surprise d’une autre visite. Le même jour, au cœur d’une végétation luxuriante, nous allons découvrir lors d’un arrêt un jardin insolite, un jardin de bonzaïs avec ses forêts de bambous bonzaïs, ses arbustes torturés s’agrippant à des plaques de lave et amoureusement entretenus par un jardinier octogénaire plein de vivacité.
J’allais oublier CILAOS et son vin mais surtout ses lentilles et ses 420 virages.

                                                                                                                                       

Roseporcelaine-e1bb0Tout au long de ce périple nous avons côtoyé bien sûr “l’arbre du voyageur” mais aussi les palmiers pattes d’éléphants, les vacouas, ficus benjamina ; reniflé les plans de vanille, de café, arbre aux quatre épices, bois de senteur ; admiré des murailles de bougainvilliers, des daturas de couleurs différentes et de multiples fleurs communes de nos serres et vérandas, mais de vigueur décuplée.
Je n’évoque pas non plus les différentes variétés de fruits et légumes à vous mettre le rhum à la bouche. Si les arbres étaient couverts de litchis, les champs étalaient leurs ananas. Des grenades, des mangues… Bref dit la chanson :

ça sent la banane, la vanille et le cumin

le sucre de canne, la mangue et le tamarin.

Ce département d’un autre hémisphère est bien le paradis des amoureux de la nature ; de plus, sur le pan ethnique, cette identité créole est la réussite d’un métissage de populations venues de différents continents.

Ce voyage ne laisse qu’un regret : celui de ne pas être resté plus longtemps, mais nous à donné l’envie d’y retourner le plus rapidement possible.                                                                                    

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