Le compost : les paramètres à maîtriser

LE COMPOSTAGE : les paramètres à maîtriser

Accepter tous les immondices du royaume, c’est être le seigneur du sol et des récoltes
(Lao-Tseu, Tao Tô King)

Le compostage

Définition technique :
C’est un procédé biologique contrôlé de conversion et de valorisation des substrats organiques en un produit stabilisé, hygiénique, riches en composés humiques.

Définition écologique :
C’est le recyclage de matières organiques ayant souvent quitté leur lieu de production par une technique de valorisation de la biomasse qui permet de boucler les cycles naturels.
Les paramètres du compostage

Pour réaliser un compost ayant pour rôle d’amender le sol, il est nécessaire de maîtriser quatre paramètres :
1.- le taux d’oxygène (O2) lacunaire,

2.- l’humidité,

3.- la température,

4.- Les caractéristiques physico-chimiques des matières premières.

1.- L’oxygène

Le compostage est un procédé biologique aérobie :
- les micro-organismes ont besoin d’oxygène pour fonctionner,
- le volume d’oxygène lacunaire (dans les vides) est primordial,
- les besoins sont particulièrement important dans les premières phases du compostage (1/3 du volume doit être du vide).

Objectif = maintenir l’aérobiose.
L’aération et les retournements sont particulièrement importants dans les premières semaines du compostage

2.- L’humidité

Quand le milieu se dessèche, plus l’activité des bactéries se réduit au profit des champignons.

3.- la température

Les micro-organismes produisent de la chaleur en oxydant la matière organique des substrats.

La température optimale du compostage est celle qui permet d’atteindre les objectifs de chaque phase :
- hygiénisation (germes pathogènes, MH) : 60 à 65°C,
- vitesse de dégradation rapide : 45 à 60°C,
- humification active : 20 à 30°C.

Si le compost ne monte pas en température dans les premiers jours du mélange (production de vapeur d’eau, visible en particulier le matin), c’est qu’il manque un des critères de compostage.

4.- Les caractéristiques physiques et chimiques du substrat

Les critères majeurs de biodégradabilité des substrats sont :
- le rapport carbone/azote (C/N),
- le pourcentage de matières organiques,
- le pH.

-  Le rapport C/N
Pendant les phases de fermentation aérobie active, les micro-organismes consomment quinze à trente fois plus de carbone (source principale d’énergie) que d’azote.
Le rapport C/N décroît constamment lors du compostage.

- Le pourcentage de matières organiques
Plus que le pourcentage de matières organiques du substrat, c’est la qualité de la matière organique qui déterminera son devenir lors du compostage.
Parmi les composés carbonés on peut isoler deux catégories :
- les facilement biodégradables : riches en sucres et hémi-cellulose et riches en azote (fanes et déchets de légumes, tontes, déchets animaux…),
- les difficilement biodégradables : riches en cellulose et lignine et en carbone (pailles, écorces, tailles…)
Si dans un compost :

- le carbone est en excès :

compost pas assez dégradé, risque de “faim d’azote” lors du mélange à la terre.

- l’azote est en excès :

perte d’azote par volatilisation (ammoniac) et peu de fourniture d’humus au sol.

- Le pH
Le pH du compost varie en fonction de la flore qui est en action.

Conférence de Pierre-Yves Tourlière, des 4 Vaulx-Jardin à Corseul (22)