Amendement

 

Les amendements
Définition

Il s’agit des apports que l’on fait dans le sol, avec pour objectif d’agir sur le milieu physique, c’est-à-dire sur le sol lui-même.
C’est aussi la fertilisation, mais ce terme concerne plus le milieu chimique. Elle concerne la recherche d’un résultat plus immédiat au niveau des plantes.
Pour la réussite d’une culture, il faut, par ordre d’importance :
- préparer le sol,
- faire la mise en place de la culture,
- assurer le suivi technique de la culture.
LE SOL

1.- La structure
C’est l’apparence physique liée au mode d’assemblage des éléments (les agrégats) et à leurs états (qui peuvent être évolutifs).
La structure peut être :
- feuilletée ou lamellaire (mauvais pour l’enracinement : pénétration racinaire difficile),
- compacte (sol lourd qui entraîne l’asphyxie du sol),
- particulaire (terrains légers qui manquent de liants argileux et ne font pas de rétention d’eau : sols pauvres et toujours lessivés),
- granuleuse : l’idéal pour nos jardins.
2.- La texture
Ce sont les constituants du sol qui peuvent être :
- sableux,
- limoneux,
- argileux.
Les sables, particules de 2 mm à 20 microns.
Ils sont silicieux ou silicateux, inaltérables, stériles et neutres.
Ils forment le support de culture.
Les limons, particules de 2 à 20 microns.
Ils ont tendance à remonter en surface sous l’effet de la pluie battante pour former une croûte.
Leur excès entraînent un mauvais drainage du sol.
Les argiles, particules de 2 microns.
Ce sont des silicates d’alumine hydratés.
Ils viennent de la décomposition sous l’action du CO2 du feldspath qui est le liant du granit.
Les autres constituants étant le quartz et le mica.
Il existe divers types d’argiles : kaolonite, vermiculite…
L’argile se présente en feuillets constitués alternativement de silice et d’argile pour former un empillage.
Ces feuillets peuvent s’écarter pour emmagasiner l’eau et les éléments fertilisants.
La kaolinite peut se charger d’eau jusqu’à dix fois son volume.
La montmorillonite de deux cents à trois cents fois.
En excès, l’argile retient beaucoup d’eau qui mettra du temps à s’évacuer.
La matière organique
La dose normale est de 2% environ mais elle est fonction de la teneur en argile.
Si elle est plus forte ce n’est que meilleur, car elle augmente la fertilité du sol, la structure grumeleuse et améliore la vie microbienne du sol.
Exemple : soit un terrain de 100 m² à 3% de MO
Si l’on considère une épaisseur utile de 20 cm, il y a 600 kg de MO stabilisée qu’est l’humus.
Cet humus au cours des années va se minéraliser à raison de 2% par an, par oxydation.
Cette vitesse de minéralisation est fonction de la teneur en argile du sol.
Ainsi, pour une teneur de 10% elle est de 3 à 4%, pour 25% de 2% et pour 35% de 1,5%.
Si la minéralisation est de 3% par an, sur 100 m², il faut un apport de 18 kg par an, soit 72 kg tous les quatre ans.
Production d'humus

Elle se fait principalement à partir de paille et fumier décomposé (paille + déjections animales).
1 tonne de paille donne 250 kg d’humus stable au bout de quatre ans.
1 tonne de fumier contenant 200 kg de matière sèche donne 100 kg d’humus à trois ans.
Pour produire nos 72 kg d’humus nécessaire à nos 100 m², il faut donc 720 kg de fumier. L’humus se mesure en dosant l’azote dans le sol. Il ne s’isole pas.
Dans la paille, le rapport carbone/azote est de 70 environ. Dans l’humus stable, il est de 10, dans le fumier de 35 à 40.
L’apport de paille dans le sol demande donc un apport d’azote (on appelle ceci la “faim d’azote”).

Les engrais verts
Ci dessous, le tableau du coefficient iso-humique
    à 3 ans     à 5 ans
tourbe     90 à 100 %     85 à 95 %
fumier     50 %     45 %
paille     25 à 30 %     25 à 28 %
engrais vert     12 %     2 %


L’enrichissement du sol par les engrais verts est, à moyen terme, négligeable et, à long terme, nul.
Ils n’ont qu’un effet immédiat sur la structure du sol et, enfouis, ils libèrent de l’azote immédiatement assimilable par la plante.
D’où l’intérêt des ligneux présents dans les trois premiers et absents dans le quatrième.
Par contre, les engrais verts provoquent la fermentation du sol.
Ils permettent d’accélérer la transformation de la paille, d’améliorer la structure, de libérer de l’azote assimilable.

Le goémon
Il a la même action que les engrais verts.
Il apporte en plus d’autres éléments tels que les métaux.
Le sel s’élimine par lessivage (100 mm d’eau de pluie ou d’arrosage).
Il facilite le compostage.
LE CALCAIRE


- donne la stabilité à l’argile,
- provoque la fixation du phosphore,
- régule le pH.
C’est ainsi que si le taux d’argile est de :
10%, -> le pH se situe de 6,2 à 6,4
25%, -> le pH se situe à 7
35%, -> le Ph se situe de 7,2 à 7,4.
Le complexe argile-humique.

C’est l’association argile-humus.
Ce complexe est chargé d’éléments électro-négatifs qui vont capter d’autres éléments électro-positifs tels que :
- amoniaque NH4+
- oxyde d’azote NO3+
- potassium K+
- magnésium Mg++
- manganèse
- carbone
- l’acide phosphorique.
Ces combinaisons forment un pont calcique. Il peut aussi y avoir des liens néfastes tels que bi-calcique ou tri-calcique qui forment des composés insolubles.
Il faut donc préférer les engrais phosphoriques solubles.
Les nitrates, sulfates, chlorures ne peuvent être fixés par le complexe.
Ces produits restent dans le sol et sont lessivables.
D’où la nécessité de fractionner les apports d’azote.