Préparer vos plants en début d'année

Préparez vos plants en début d’année.

Nous sommes dans le plein hiver, il couvre le premier trimestre de l’année calendaire et pourtant, les jours allongent, déjà 35 minutes de lumière en plus, et de très belles journées peuvent se présenter.

Tout cela pour raviver notre fièvre planteuse.

Mais les nuits et parfois certains jours, restent très froids et la grande majorité des semis, à l’extérieur, serait vouée à l’échec.
Alors, que faire ?

Nous allons faire nos semis à l’abri pour, le moment venu, disposer de belles plantules, et prendre ainsi une avance d’un ou deux mois sur les possibilités naturelles.
Ce procédé, nous permet également d’amener à coup sûr, de beaux fruits à parfaite maturité, relativement tôt dans la saison ou de cultiver des variétés qui ne se reproduisent pas naturellement sous notre climat

Ces semis, dits ‘semis sous abri’, sont une forme de forçage.
Où faire des plants ?

L’idéal, serait bien sûr une serre hors gel… à défaut une serre froide, un châssis et, si l’on est dépourvu de ces moyens, il faut envisager de se rapprocher de la maison où les coins favorables ne manquent pas.

Devant la fenêtre de l’atelier ou du garage, dans la véranda, dans l’embrasure des fenêtres, qu’elles soient d’escalier, de salle d’eau ou de chambre, dans un grenier très éclairé …étant entendu, que ces pièces ne doivent pas être surchauffées, mais plutôt fraîches, entre 15 et 18° car notre problème n’est pas de faire pousser vite pour devoir cultiver à l’intérieur mais bien de disposer de plants solides pour être repiqués ou transplantés dans le potager, cette dernière opération ne pouvant se faire en toute sécurité que vers la mi-mai.

Dans un local tempéré, bien éclairé et pas seulement par un châssis de toit qui tirerait nos plants vers le haut mais, de préférence devant une fenêtre, tout en évitant si possible le soleil direct qui a tendance à brûler.
J’ai la chance de posséder maintenant une serre froide, d’environ 6m² et c’est à partir de ma petite expérience pratique, que nous allons envisager la production de quelques plants.

J’ai débuté les plants dans l’embrasure d’une fenêtre et même de plusieurs fenêtres alors, que l’absence d’équipement spécialisé ne vous arrête pas.

Libre à vous d’imaginer et de mettre en œuvre une solution adaptée à vos possibilités pour obtenir un résultat.

Sortie prévue à la mi-mai, le compte à rebours est lancé qui entraîne la question suivante :
Quand semer ?

Je vous ai déjà parlé du carnet de culture ou de jardin … il vous aidera à caler votre point de départ au fil des saisons. Il ne faut pas seulement noter les points de départ, il faut également les critiquer : était-ce trop tôt ou trop tard ?

A défaut, consultez un guide de culture ou bien un calendrier lunaire mais ces ouvrages très généraux, établis pour la France, doivent être adaptés à notre terroir qui est d’ailleurs très varié. Un correctif régional est parfois mentionné qui donne globalement deux semaines d’avance à notre région. A vous d’établir votre correctif, en pensant bien que le résultat obtenu une année, n’est pas forcément reconductible.

D’une manière très générale, ces semis peuvent être commencés dès la mi-février et seront poursuivis jusqu’en mars.L’objectif final est d’être prêts à temps.
Quels légumes ?

Quels sont les plants que vous achetez ?

Quelles sont les plantes que nous transplantons ou repiquons le plus souvent ?

En majorité, les « légumes fruits » par ailleurs frileux, très sensibles à la température :

Tomates, aubergines, poivrons, piments, courges diverses, melons, concombres, potimarrons, citrouilles variées, coquerets etc. …

Nous pouvons également envisager des semis de légumes tels que céleris, fenouils, choux variés, salades, poireaux etc. …

D’une manière générale, tous les légumes qui se repiquent ou se transplantent.

Il ne faut pas oublier non plus les fleurs, qui seront incorporées au potager pour la décoration mais aussi pour la défense des cultures.

Il est à noter, que les plants sont mis en vente très tôt, bien avant que les conditions météorologiques et spécialement la température soient favorables à une culture en plein air.

Sur les marchés, dans les grandes surfaces, dans les magasins spécialisés, nous trouverons nombre de plants, prêts à être transplantés ou repiqués, mais nous n’y trouverons pas, à moins d’un miracle, la variété originale que nous souhaitons faire pousser et puis goûter.

Je n’ai pas encore vu de tomates ’Roses de Berne’ qui passe pour l’une des meilleures ni de melons ‘Petits gris de Rennes’ délicieux produit régional, sur les présentoirs des vendeurs de plants.

Malheureusement, la place dont nous disposons , dans la majorité des cas, est limitée et de ce fait, notre choix doit être très sélectif.

Nous réserverons donc nos semis d’avant saison, d’abord à des produits peu communs, étant entendu que rien ne nous empêche par ailleurs de concurrencer la production traditionnelle, ne serait-ce que pour se faire la main, sans parler de l’aspect financier.
Comment faire ?

Je me bornerai ici à décrire la méthode que j’utilise, méthode que je souhaite simplement pratique et efficace.

J’utilise de petits godets de plastique de récupération, qui devraient en principe avoir été désinfectés avant réemploi.
Remplis de terreau pour semis, légèrement tassé, ils sont rangés dans des paniers ou barquettes, par six ou plus. Cette mise en barquettes, n’a rien à voir avec le mode cultural mais facilitera les manutentions qui seront nombreuses.
Pensez aux étiquettes avant de commencer !


En effet, il est bon d’étiqueter, soit la barquette, si elle contient une seule variété, soit chaque godet si les paniers reçoivent plusieurs variétés ou espèces.

Que mettre sur l’étiquette ?

Le nom de l’espèce, le nom de la variété, et la date d’opération exemple : Tomate Montfavet, S (pour semis) 12 / 2 en laissant une petite place pour d’autres indications à venir telles que L (levée) R (rempoté ou repiqué) Ces dernières mentions sont facultatives sur l’étiquette mais peuvent figurer sur votre carnet de jardin.

Pour la mise en place de la graine, dont la saisie est parfois problématique, j’utilise un genre de pince à épiler ,et je dépose deux graines par godet, vers le milieu de celui-ci, séparées d’environ 1 cm.

L’enfouissement est variable, suivant la taille de la graine, d’environ 5mm pour de la tomate sans pour autant dépasser 1 cm pour les plus grandes telles que celles des courges

Si les deux graines germent, à la levée des plants, je supprimerai le plus grêle qui est généralement le dernier, ou le moins bien formé, pour ne conserver qu’un plant par godet.

Cette méthode peu paraître dispendieuse, mais elle présente l ‘avantage de permettre une sélection à priori et donne l’assurance d’avoir un plan par godet, à moins d’utiliser des graines dont la durée de vie est largement dépassée.

La durée de germination est propre à chaque espèce, mais est influencée par l’humidité. En excès il y a risque de pourriture et en manque, il y a pour le moins allongement de la durée de germination, voir échec si le processus à été interrompu.

Le maintien de l’humidité sans excès durable, sera primordial pour la croissance des bébés plantes.

Il n’est pas question d’arroser les godets un à un aussi, j’ai contourné cette difficulté en utilisant des bacs étanches, dans lesquels j’organise une rotation des barquettes.

Un bac de trempage qui assure 1 à 2 cm de liquide au pied de chaque godet et permet de les gaver d’eau par capillarité et à côté, des bacs d’égouttage.

Le séjour en bac de trempage est assez court, d’une demi-heure à quelques heures suivant la température ou l’occupation, tandis que le séjour en bac d’égouttage peut aller à plusieurs jours en fonction de la température, de l’humidité apparente du terreau, de l’aspect du plant et particulièrement de la rigidité et de la couleur des feuille.

Si les feuilles ont tendance à devenir pendantes, il est grand temps de donner à boire à ces plantes. Dans la mesure du possible, il vaut mieux ne pas attendre que les plantes réclament, sans tomber dans l’excès.

Concernant les bacs étanches, j’ai détourné de leur fonction d’origine, des couvercles de bacs à rangement dits ‘de 54 litres’ achetés dans un magasin de bricolage.

Ils font environ 40 cm par 55 cm, pour une profondeur de 5 cm.

Cette méthode est extrapolée des bacs de présentation observés dans les rayons jardin.

Ces bacs, propres et lessivables, peuvent très bien convenir pour l’intérieur d’une maison

Faire ses plants, quelle que soit le mode opératoire retenu, c’est rendre au moins deux visites par jour à ses bébés car outre l’arrosage, il faut également veiller à ce que la température ne devienne pas excessive, donc aérer puis refermer à l’approche du soir, c’est également la chasse aux parasites, qu’ils soient pucerons, mouches ou petites limaces grises.
Autres matériels

En variante aux petits godets plastiques recyclés, il existe des presses manuelles qui permettent de faire un à un des cubes de terreau de 4 cm de côté appelés mottes, dans lesquels vous pouvez semer. Ces mottes, sont à ranger dans des barquettes à fonds pleins mais percés, plutôt que dans des barquettes à fonds ajourés.

Autre variante aux godets plastiques, la fabrication de godets en papier journal de 6 cm de diamètre, au moyen d’un outil manuel en bois.

Godets en fibre, dite bio dégradable, qui sont mis en terre avec le plant : solution beaucoup plus chère . Un investissement plus élevé, sans aucun réemploi. A noter par ailleurs que vous ne verrez pas ou peu les racines de vos plants et que vous ne saurez jamais a quel moment celle-ci seront au contact de la terre après transplantation. Je n’ai en la matière aucune expérience et ne suis pas attiré par ce produit.

Les plaques alvéolées , dont les alvéoles sont à remplir de terreau : cette solution est pour moi réservée à des semis en quantité, (au delà de six unités) par exemple choux , salades, fleurs (œillets d’inde) et pour des plantes moins délicates que les légumes fruits.

Certains semis, seront effectués en barquettes et particulièrement pour les poireaux, les oignons blancs etc. Une grosse difficulté réside dans la répartition des graines et certains grainetiers offrent la possibilité d’acheter des tapis pré-semés par ailleurs biodégradables, qui seront appliqués sur le terreau et assurent une répartition régulière des graines.

Egalement, il existe des graines enrobées ou des graines en rubans (papier bio-dégradable). Les conditionnements de capacités différentes (exemple : 200 graines de poireau enrobées ou 2 fois 4 ml de ruban), sont plus chers d’environ 50 % par rapport aux sachets traditionnels. La quantité de graines est sans commune mesure mais le service se paye.

Les graines enrobées intéressent tous les semis, barquette, châssis ou pleine terre, tandis que les graines en rubans s’adressent plutôt au châssis et à la pleine terre.

Les barquettes sont généralement de récupération, prévues d’origine pour la culture ou détournées de leur usage habituel telles que les barquettes alimentaires en polystyrène.

Dans ce dernier cas, vérifier qu’elles sont percées pour éviter l’eau stagnante. Il est à noter que le procédé d’arrosage sera différent de celui employé pour les godets.

Les châssis maraîchers, sont d’un emploi légèrement différent.

Si leur préparation est bien faite, ils seront en principe un peu plus chauds qu’une serre froide.

Ils sont plutôt réservés aux semis en ligne, peuvent convenir aux repiquages intermédiaires, mais imposent un repiquage à racines nues.

Heureusement, rien n’empêche d’y préparer aussi des plants en godets.

La serre tunnel, qui peut servir à l’élaboration de plants et / ou à la culture forcée est comparable à une serre froide, dimensions mises à part.
Toutes les photos de cette page ont été prises au parc de Wesserling (68)


Michel Belloche.