La vigne

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Ce titre est en fait usurpé car je ne vais pas entrer dans le domaine de la viticulture, ni parler des vignes vierges et autres ampelopsis, mais de la vigne à raisin de table (vitis vinifera).
LA VIGNE A RAISIN DE TABLE
La vigne fait partie de la famille des vitacées, du genre ‘vitis’.
Son histoire est très ancienne puisque on a retrouvé des pépins et des pollens de vigne dans des formations sédimentaires du début de l’ère tertiaire, dans l’hémisphère nord.
A l’ére quaternaire, en raison de nombreuses glaciations, la vigne redescend dans les zones méridionales de l’Europe, puis vers le Caucase et l’Himalaya, puis vers l’Asie et les Amériques.
Le genre ‘vitis’ se divise en sous genre : le ‘Muscadinia’ (Etats Unis, Mexique), ‘Euvitis’ (Asie) et le sous genre Européen ‘vitis vinifera’.
La culture de la vigne est arrivée en Gaule dans les trois premiers siècles de notre ère grâce à l’occupation Romaine qui créa la voie Domitienne qui traverse les Alpes et introduit peu à peu la vigne dans la « Narbonnaise », région s’étendant du lac Léman au Languedoc. Au début du moyen age, la vigne est présente de Narbonne à Lille, du Finistère à l’Alsace. Au début du XIXé siècle, la vigne est cultivée autour de Vanne et de Nantes. Mais les ravages du phylloxéra ont fait disparaître cette culture pionnière.

I - LA VIGNE A RAISIN DE TABLE ‘vitis vinifera’.
1 . La vigne est une liane et non un arbre traditionnel, son tronc est appelé cep. Il est recouvert d’une écorce brune qui se détache en vieillissant. Comme toute liane, elle se ramifie en sarments longs et flexibles qui s’attachent aux supports par des vrilles accrocheuses. Ces rameaux appelés pampres peuvent s’allonger rapidement, jusqu’à 5cm par jour en période favorable. Le bois est creux, les yeux sont globuleux et recouverts de duvet.

2 . Les feuilles plus ou moins découpées sont caduques, alternées et prennent de superbes couleurs en automne.

3 . Les fleurs très petites et verdâtres sont regroupées en grappes : petits calices avec 5 pétales et 5 sépales soudés en boules à leur sommet, qui se soulèvent et éclatent par temps sec, lorsque la température atteint 16°C et plus.

4 . Les fruits sont répartis en grappes ou rafles, elles même divisées en grappillons portant des baies rondes ou ovales que l’on appelle grains, de couleur blanc, jaune, rose, bleu foncé, violet ou noir. La plupart contiennent des pépins (sauf les raisins de Corynthe et autres variétés hybrides dont nous parlerons plus tard)

II – LA CULTURE.
La vigne a beaucoup d’exigences

1 . Le Sol. Ses racines peuvent s’enfoncer très profondément dans le sol (jusqu’à 15m dans les pays du Moyen Orient). La vigne préfère les sols légers, siliceux, calcaires, voire caillouteux.

2 . Le Climat. La vigne a besoin d’une longue période de végétation suivie d’un automne chaud qui permette un bon mûrissement du raisin. En période hivernale, elle peut supporter des gelées jusqu’à moins 20°C. Gare aux gelées tardives : à – 5°C, lorsque les bourgeons commencent à gonfler, à 0°C au moment de la floraison. La vigne bourgeonne entre 8 et 12°C et fleurit entre 16 et 20°C. La pluie survenant au moment de la floraison peut empêcher la fécondation, on parle alors de millerandage ou de coulure.
Exposition plein soleil.

III – PLANTATION .

1 . Faire un trou de 40cm de profondeur et de 40cm de diamètre. Garnir le fond de compost, de fumier vieilli ou de terre enrichie (lithobiosol). Recouvrir de 5cm de terre fine puis placer le pied de façon que le point de greffe soit au ras du sol. Remplir l’espace de terre fine en tassant autour du plant. Arroser. Buter 15 à 20cm au dessus du point de greffe pour éviter les gelées d’hiver.

2 . Fertilisation.
La vigne n’est pas gourmande. Azote, Potassium qui favorise la maturation. La meilleure fertilisation consiste à l’apport de fumier décomposé ou de compost (plusieurs kilos par pied), à l’automne et en février-mars avant le débourrement.

3 . Arrosage.
L’arrosage n’est nécessaire qu’en région méditerranéenne pour obtenir une bonne grosseur de grains. Dans nos régions, en période de sécheresse exceptionnelle, il est peut être judicieux d’intervenir.

IV – MULTIPLICATION.

1.    Le semis.
Le semis n’est pratiqué que par les botanistes ou le producteurs qui cherchent de nouvelles variétés par hybridation. Cette pratique demande souvent de nombreuses années avant de trouver une variété intéressante.

2.    Le bouturage.
Le bouturage de la vigne est facile, il permet d’obtenir les mêmes caractères que la variété désirée. Les rameaux aoutés sont prélevés fin novembre et décembre. Enterrer les boutures (3yeux)  au pied d’un mur exposé au Nord.
Bouture simple, bouture à crossette (tronçon de 3cm duquel part un sarment coupé à 3 yeux) bouture à talon.

3.    Le marcottage.
Au printemps, coucher un sarment long et souple dans une rigole de 10 à 20cm de profondeur sur 40cm de long. Gratter l’écorce au point bas de la courbure pour provoquer l’émission de racines. Reboucher la tranchée avec un mélange de sable et de terreau. Tailler la partie émergente du sarment enfouis au dessus du premier œil.

4.    Le greffage.
Le greffage se fait sur porte greffe Américain, car plus résistant au phylloxéra.
Le 3309C et le Priparia « Gloire de Montpelleir » seraient les plus intéressants. Le greffage s’effectue au départ de la végétation en février-mars : greffe à l’anglaise ou à l’anglaise à cheval.

V – LA TAILLE.
 « taille tard, taille tôt, rien ne vaut la taille de mars » nous rappelle le dicton.
Seuls les bourgeons situés sur les rameaux de l’année précédente sont aptes à fructifier. Ce seront eux qui détermineront la production de l’année à venir.

1.    Taille de formation.
Pendant les trois premières années, il faut une taille sévère pour obtenir un sarment fort et vigoureux.
a.    Première année : après la plantation février, tailler au dessus du premier bourgeon. Le sarment va monter de 60 à 80cm de haut
b.    Deuxième année : tailler à 2 ou 3 yeux au dessus de la première taille. Tutorer.
c.    Les tailles des années suivantes seront différentes selon les formes voulues.
 
2.    Taille en rang.
Entre des piquets espacés de 2.50m, tendre des fils horizontaux : le premier à 60cm du sol, les suivant espacés de 30cm.
a.    Les deux premières années, tailler comme précédemment.
b.    Troisième année, conduire un sarment le long du fil vers la droite, en février-mars, et tailler à deux yeux le sarment partant à gauche.
c.    Quatrième année, tailler la branche de droite et guider un des sarments de gauche vers la droite et tailler le sarment de gauche à deux yeux. Et ainsi de suite, ….. .

3.    Taille en treille. (en cordon)
a.    Charpente fixe, conduire droit les deux premières années.
b.    Troisième année, incurver le sarment le long du fil horizontal
c.    Quatrième année, tailler à deux yeux les rameaux s’élevant au dessus de ce sarment horizontal. Supprimer les pousses descendantes.

4.    Taille en pergola.
Fils horizontaux espacés de 40 à 50cm en haut de la pergola.
a.    Laisser monter les ceps le long du support
b.    Au sommet, incurver les sarments et tailler à deux yeux comme pour la formation en treille
c.    Pour la suite, procéder comme ci-dessus.

5.    Le palissage.
Le palissage s’effectue le long d’un mur. On applique la taille en rang sur la structure implantée à 30cm du mur.
On peut aussi fixer au mur des cornières en métal, des éléments en bois en équerre tous les deux ou trois mètres reliés par deux ou trois fils de fer.

VIII- LES ENNEMIS DE LA VIGNE
La lutte chimique est très importante au niveau des cultures vinicoles car la vigne a de nombreux ennemis. En culture jardinière, il serait bon d’adopter une lutte raisonnée qui ne peut se faire qu’après une bonne observation des symptômes et une bonne connaissance des possibilités de lutte.
Le bon produit, la bonne dose au bon moment et surtout la prévention.

1.    Utilisation des auxiliaires
2.    Méthode de confusion sexuelle, grâce aux phéromones
3.    Lutte biologique : labour régulier pour favoriser la vie microbiologique.
4.    Fertilisation par fumure organique
5.    En l’absence de solutions alternatives, pulvérisation de bouillie bordelaise est indispensable pour combattre le mildiou et autres champignons
6.    Infusion d’ail ou purins d’orties contre l’oïdium
7.    Savon noir contre les cochenilles
8.    Purin de presle contre le botrytis et la pourriture grise

IX- LES DIFFERENTES VARIETES
Il existe à l’heure actuelle de nombreuse variétés qu’il est impossible ici de présenter.
Se référer au documents suivants :

Jardi-vigne – 47110 SAINTE LIVRADE SUR LOT tel : 0553 013 080
E mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

La vigne – Denis Retournard, Editions rustica

Cultiver et soigner les fruitiers – Elisabeth et Jérome JULIEN _Edition EYROLLES.


Claude BRESSANT