Cucurbitacés

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Cucurbitus 1er en tenue d'apparat !
photo prise dans le livre "Drôleries Végétales - Cucurbitus 1er, roi des légumes", d'Amédée Varin et Eugène Nus

Origine

Dès l’époque précolombienne, les courges font partie de l’alimentation des Incas et des Aztèques comme en témoignent les graines de courges Moschata et maxima trouvées dans des tombes datant de 6000 ans avant notre ère.
Charlemagne au début du IXème siècle, fait mention de leur culture et de leur consommation dans « le capitulaire De Villis ».
Mais c’est au XV ème siècle que les grands navigateurs et en particulier Christophe COLOMB, introduisirent de nouvelles variétés en même temps que le haricot et le maïs qui se cultivaient en association en Amérique Latine.
En Afrique, les calebasses ou gourdes (Lagénaria) sont utilisées évidées et desséchées comme récipients, bols, louches, etc Elles sont aussi utilisées en Afrique, Amérique du sud et en Inde comme caisses de résonance pour instruments de musique, (kora, ballafon, xylophone, maracas, etc ).

Classement des cucurbitacées

Comme il existe 120 genres différents et plus de 800 espèces de cucurbitacées, il est évident que je ne vous présenterai que celles qui sont les plus adaptées à notre région et les plus intéressantes au niveau consommation.
Je laisserai de coté les Lagenaria et les coloquintes qui sont des éléments de décoration non comestibles, ainsi que les Benincasa qui ne s’adaptent pas dans nos régions. Nous parlerons d’abord de la culture des :
- Cucurbita maxima : giraumons, potirons ( galeux d’Eysine , rouge vif d’Etampes, bleu de Hongrie, potimarrons, etc,.. )
- Cucurbita moschata : courges musquées ( butternut, muscade de Provence, sucrine du Berry, longue de Nice, etc, … )
- Cucurbita pepo : citrouilles, courgettes, patissons, courges spaghetti.
Quant aux concombres, cornichons, melons (cucumis ) et à la pastèque (citrullus vulgaris) ils vous seront présentés ultérieurement dans un nouvel article.

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Les Semences

Les courges sont des plantes monoïques qui portent sur le même pied des fleurs mâles ne portant que des étamines et des fleurs femelles avec un renflement conséquent à la base, l’ovaire, qui deviendra le fruit une fois fécondé.
La floraison de la fleur femelle ne dure qu’une journée et la fécondation naturelle se fait par les insectes pollinisateurs. Les croisements aléatoires sont fréquents à l’intérieur d’une même espèce si l’on a différentes cultures dans son potager et dans le voisinage.
Si l’on veut récupérer ses propres semences, il faut donc procéder à une pollinisation manuelle. Dès qu’une fleur femelle est sur le point de s’ouvrir, il faut prendre du pollen sur les étamines d’une fleur mâle et le frotter sur le pistil de la fleur femelle. Refermer aussitôt la fleur pollinisée en la ligaturant jusqu’à ce qu’elle fane. Avec un fil de laine attaché au pédoncule de la fleur, on garde un repère pour récolter les graines du fruit fécondé. Il est préférable de procéder à plusieurs inséminations artificielles pour assurer la future reproduction. Fin Octobre, début Novembre, lorsque la courge est bien mûre, ouvrir et séparer les graines des fibres intérieures, rincer abondamment et faire sécher à plat à 20°C environ, en remuant chaque jours jusqu’à ce qu’elles soient bien sèches. Les conserver au frais et au sec (réfrigérateur).

Culture


SEMIS

  • En godets ou en pots
    Fin avril, remplir godets ou pots d’un substrat (mélange de terreau, de compost et de tourbe) jusqu’à 2 cm du bord. Déposer 2 ou 3 graines la pointe en bas, recouvrir d’un cm de terre. Arroser pour favoriser la germination. Maintenir dans un endroit chaud (20 à 25°C) sous châssis, serre ou derrière une fenêtre (lumière du jour).
    Préparer un trou de 30 cm de diamètre environ et de 20 cm de profondeur, dans un sol humifère enrichi de compost : sol léger, fertile et meuble. Situation ensoleillée et abritée pour ces plantes originaires des pays chauds.
    Lorsque les plants ont 2 ou 3 feuilles et que les gelées ne sont plus à craindre (après les saints de glace, 11, 12, 13 Mai), mettre la motte en place sans la briser en conservant le plant le plus vigoureux.
  • Sous mini tunnel ou cloche
    Fin avril, mettre directement en place 2 ou 3 graines par poquets de 30 cm de diamètre par 20 cm de profondeur comme précédemment. Installer cloche ou mini tunnel en respectant les écarts entre les poquets, suivant les variétés. La levée a lieu 6 à 8 jours plus tard. Selon la température extérieure, arroser si nécessaire. Enlever cloche et mini tunnel dés que les gelées ne sont plus à craindre et que les plants sont suffisamment développés.
  • Sous tunnel ou châssis.
    Le tunnel ou châssis permet d’anticiper de 15 jours environ les semis. Même procédé que précédemment.
  • En pleine terre
    A partir de la mi-mai, quand la température atteint 20°C dans la journée, on peut semer en pleine terre en utilisant les mêmes substrats que précédemment. On observera les distances entre les poquets suivant les variétés.
  • Culture sous plastique
    On peut gagner deux semaines d’avance en utilisant des films de paillage pré percés pour permettre l’aération et faciliter l’absorption de l’eau par le sol. Découper des trous de 20 cm de diamètre pour les semis en préparant les poquets comme précédemment.


SOINS

  • Binage
    Binage autour des plants pour empêcher la prolifération des mauvaises herbes, aérer le sol et faciliter le développement du plant.
  • Arrosage
    Préparer une sorte de cuvette autour du plant, pour arroser sans mouiller les feuilles (risque d’oïdium), veiller à ce que l’eau soit à température ambiante.
  • Paillage
    Lorsque les plants atteignent 15 cm de haut environ et que le sol est suffisamment réchauffé, il est indispensable de pailler (paille, BRF, aiguilles de pin, etc,..) . Lorsque les fruits grossissent, les isoler du sol en plaçant dessous une tuile, une ardoise ou une pierre plate.

Maladies et Parasites

LES MALADIES

  • La fonte des semis
    Une température trop basse ou un excès d’eau peuvent provoquer des difficultés de germination. Il faut attendre que les gelées soient passées et que la température soit suffisamment élevée pour envisager les semis en pleine terre. (Après la mi mai)
  • l’Oïdium
    Des taches circulaires blanches et farineuses apparaissent sur les feuilles qui deviennent jaunes puis se dessèchent. Supprimer les feuilles atteintes dès le début des symptômes et les bruler. On peut aussi pulvériser un mélange de 50% de lithothame et 50% de soufre fleur, ou une décoction de prêle ou de purin d’ortie dilué.
  • La mosaïque
    Le virus de la mosaïque provoque une décoloration sur les marbrures des feuilles et des déformations tant sur les feuilles que sur les fruits. On peut essayer une décoction à base de prêle (faire bouillir pendant une heure 100 g de plantes séchées dans 1 litre d’eau). Cette décoction une fois filtrée sera diluée à 20 % dans de l’eau de pluie. Renouveler le traitement à une semaine d’intervalle.
  • l’anthracnose ou nuile rouge
    Elle se manifeste par des taches grises puis rougeâtres sur les feuilles qui finissent par mourir.
  • La fusariose
    Elle provoque le brunissement des tiges qui finissent par se couvrir de gomme brunâtre. Les fruits deviennent très amers et impropres à la consommation.
  • La verticillose
    Elle cause la flétrissure des feuilles et leur chute.
  • Cladosporiose ou nuile grise
    C’est un champignon qui entraine la pourriture de la plante

Ces quatre dernières maladies sont rares en culture biologique et en culture de plein champ. Elles risquent d’apparaître sur les cultures sous abris, tunnels ou châssis. Veiller à bien aérer les plantations en cas de chaleur humide.
Prévention : poudrage foliaire tous les 15 jours de 50% de lithothame. Dans tous les cas, enlever les parties malades dès l’apparition des symptômes et bruler.


LES PARASITES

  • Les thrips (petits insectes ailés jaunes)
    A la fin du mois de mai, si le temps est sec, les thrips du tabac et leurs larves peuvent bloquer la croissance du plant en suçant la face interne des jeunes feuilles .Pulvériser de l’eau ou infusion de gousses d’ail ou solution à base de pyréthrine.
  • Les pucerons noirs et les pucerons des racines
    Ils s’installent sous les feuilles qui alors s’enroulent sur elles même ou au niveau du collet pour sucer la sève. Pulvériser du savon noir à raison de 10 g pour 5 litres d’eau ou un mélange de pyréthrine naturelle ou du purin d’orties dilué ( 1 litre pour 5 litres d’eau de pluie)
  • les Aleurodes (minuscules moucherons blancs)
    Dés l’apparition des premières, mettre un piège à aleurode (plaques engluées) pour 5 m² environ. La culture d’œillets d’inde à proximité constitue un bon répulsif.
  • les limaces et escargots
    - Entourer les plantations de sciure de bois ou de cendres.
    - mettre des pièges à limaces : bière dans une soucoupe sous une tuile.
    - Pulvérisation de macération d’absinthe (1 kilo de plante fraiche pour 5 litres d’eau de pluie) - Granulés de « Ferramol »
  • l’Araignée jaune Par temps sec et chaud, l’araignée jaune peut attaquer les feuilles qui sèchent et tombent prématurément : arrosage – pulvérisation comme le traitement contre les thrips.

ESPECES ET VARIETES DE CUCURBITACEES


CUCURBITA MAXIMA
Les potirons et les giraumons sont des variétés coureuses dont les tiges rampantes peuvent atteindre 4 à 5 mètres de long. Les fruits sont en principe volumineux. Du fait de leur grand développement, la distance entre les plants sera de 2 m à 2,5 m.

  • Les Giraumons. Ce sont des potirons couronnés vert, jaune ou orange à peau épaisse. Taille moyenne (3 à 5kg). Longue conservation.
    - Giraumon Turban turc, ce giraumon a une chair sucrée légèrement farineuse
  • Les Potirons.
    - le Galeux d’Eysine ( 5 à 15 kg) : aspect étonnant, peau épaisse avec des bourrelets liégeux qui donne une apparence galeuse. Chair jaune orange, très sucrée. Conservation 2 à 3 mois. Peut être utilisé en tarte, dessert ou confiture.
    - Le Potiron vert. Fruit ovale. Très productif.
    - Hubbard : en forme de toupie, chair jaune gouteuse. Longue conservation.
    - Rouge vif d’Etampes : variété ancienne à écorce rouge vif. Gros fruit côtelé, chair orange de très bonne conservation.
    - Bleu de Hongrie (5 à 6 kg). Ecorce vert bleutée. Chair orange très veloutée. Conservation de 3 à 6 mois.
    - Atlantic Giant. Il a atteint un record de 600 kg aux Etats-Unis. Enorme fruit jaune.
  • les Potimarrons. Ils sont d’origine Japonaise, chair épaisse et sucrée à gout de châtaigne, ils sont plus petits (1 à 2 kg). Très longue conservation.
    - Doux d’Hokkaido
    - Golden delicious, rouge et Iron cap , vert, sont des hybrides très intéressants car ils ont une saveur encore plus marquée.

CUCURBITA MOSCHATA
Les courges musquées sont plus frileuses mais aussi plus gouteuses que les Maxima. Elles sont tout aussi coureuses. Il faut donc leur réserver un écart de 2m à 2,5m entre les plants.
- Butternut, courge en forme de poire allongée (1 à 3 kg), jaune rosée, chair ferme, orangée, très parfumée. Très bonne conservation. Elle convient à la fois aux plats salés et sucrés.
- Courge longue de Nice. Elle a la saveur du potimarron : peut être consommée jeune crue et râpée.
- Muscade de Provence. Ce sont de gros fruits côtelés pouvant atteindre 20 à 30 kg, de couleur bronze. Très appréciée en soupe ou gratin.
- Sucrine du Berry. Courge musquée à fruit moyen jaune vert (1 à 2 kg), chair orange sucrée, convient plutôt en dessert. Longue conservation.


CUCURBITA PEPO

  • Les Courgettes
    Les courgettes poussent sur des plantes vigoureuses buissonnantes à grandes feuilles poilues. Les fleurs sont jaunes, mâles et femelles sur le même pied. Elles sont comestibles. Les fruits sphériques ou allongés en forme de massue. Elles peuvent atteindre 40 à 50 cm à pleine maturité. Il est préférable de les cueillir jeunes, (entre 15 et 20 cm) quand la peau est encore tendre. La culture se pratique en poquet comme précédemment avec une densité d’un plant par m². Il existe plusieurs variétés dont :
    - Courgette de Nice à fruit rond.
    - Courge verte d’Italie ou coucourzelle. Fruit allongé vert foncé, marbré de jaune ou de vert pâle.
    - Sweet Dumpling. Petit fruit blanc rayé de vert à saveur de châtaigne.
  • Les Pâtissons ou Artichauts de Jérusalem Ce sont des fruits aplatis à bord côtelés, l’écorce est blanche. La chair est fine, ferme et peu sucrée à léger gout d’artichaut. Il en existe aussi des verts pâle, verts foncé et même des blancs striés de vert. Le diamètre moyen est de 20 cm. Les pâtissons sont des courges non coureuses qui poussent sur des plantes plus ou moins buissonnantes : 1 plant au m². La récolte peut commencer 60 à 70 jours après les semis qui se feront en poquet dans le même type de sol que les autres cucurbitacées.
  • Les courges spaghettis. La courge spaghetti est originaire de Mandchourie. Ce sont de gros fruits ovales blanchâtres (1 à 3 kg). C’est une plante coureuse qui nécessite donc des intervalles de plantation de 2 à 2,5 mètres entre les plants. Sa particularité est culinaire, non pour sa saveur assez fade mais pour son aspect. En effet, cuite entière et débarrassée de ses pépins, on dégage à la fourchette la chair qui se défait en filaments d’où son nom. Il n’y a plus qu’à l’accommoder comme des pâtes.

CONCLUSION

Les cucurbitacées constituent une famille très variée de plantes et je n’ai pu aujourd’hui, vous présenter qu’une partie des différentes espèces. L’année prochaine, nous vous parlerons du genre « Cucumis » qui comprend les concombres, les cornichons ainsi que les melons. Les pastèques quant à elle sont du genre « Citrullus vulgaris ».

Merci à Zéphirine et Rolande pour les photos.

Claude Bressant -Section POTAGER de la SHPA