Pomme de terre

Historique de la Pomme de terre

La Pomme de terre ou Morelle tubéreuse, famille des Solanacées, est originaire d’Amérique du Sud, plus précisément, des Andes chiliennes et péruviennes où elle était cultivée au moins 1000 ans avant notre ère.

Elle fut introduite en Europe par les Espagnols, au milieu du XVIe siècle. Cultivée en Bretagne dès le XVIIe siècle, elle ne se répandit réellement en France qu’au milieu du XVIIIe siècle, sous Louis XVI, grâce à Parmentier, Turgot et d’autres, surtout pour combattre les famines.
En Angleterre, la Pomme de terre apparaît via la côte est de l’Amérique du nord, où le corsaire Francis Drake avait ravitaillé les colons anglais à partir de cargaisons prises aux Espagnols.
Ce n’est pas à l’époque notre belle Pomme de terre actuelle, c’est un tubercule de formes irrégulières qui de plus, traîne une mauvaise réputation, la famille des Solanacées comportant nombre de plantes toxiques.
D’autre part, on ne sait pas la préparer, elle a goût de terre. Au mieux, elle est consommée grillée comme les châtaignes. La peler n’est pas venu tout de suite à l’idée.

C’est une plante vivace qui est pratiquement devenue notre légume principal. La Pomme de terre est accommodée à toutes les sauces et l’art de la consommer est tellement connu, que nous n’en parlerons pas ici, bien que la cuisine ne soit jamais éloignée des préoccupations du potager.

Notre région, la Bretagne, grâce à son climat doux particulièrement dans la zone légumière littorale, est une région de forte production, à telle enseigne qu’elle est la première région productrice de Pommes de terre primeur avec près de 80 000 tonnes commercialisées.

Cette culture, que ce soit en primeur ou en production de conservation, est tellement importante que, tout naturellement, des organismes de recherche se sont créés.
Ainsi, Bretagne Plants, regroupe l’ensemble des producteurs de plants de Pomme de terre de Bretagne. Cela représente en 2001, 500 producteurs pour une surface de 4 800 hectares, une production de 100 000 tonnes de plans dont 45% exportées vers les pays européens et méditerranéens.
Cette activité de production de plants a conduit à la création en 1970, de la "Station de création de variétés Kerloï", à Ploudaniel (29260). D’autres stations et organismes existent, mais leur recensement n’est pas notre but ici.
Rappel historique : l’ONU a déclarée l’année 2008 "Année de la Pomme de terre", pour promouvoir ce légume et lutter contre la faim dans le monde.

Variétés de Pommes de terre

Critères de choix

Aujourd’hui, le nombre de variétés est tel que l’embarras est grand devant le choix pourtant restreint de celles présentées par les réseaux de distribution.
Parmi toutes les variétés proposées, il va falloir choisir celle qui nous conviendrait le mieux.
Bien sûr, on peut toujours choisir par tirage au sort, mais dans ce cas, le résultat sera également tiré au sort.
Le mieux est quand même de réfléchir à ce que l’on recherche et les critères sont multiples : facilité d’utilisation, présentation suivant les préparations, rendement, durée de culture, durée de conservation, goût, saveur, etc.
C’est l’examen, dans la mesure du possible, de ces critères de choix qui devra nous guider et qui, certainement, nous incitera à cultiver différentes variétés pour répondre à des souhaits souvent incompatibles entre eux.

Ainsi, une Pomme de terre primeur est toujours de faible garde, mais quel bonheur de déguster un produit frais à la sortie de l’hiver.

Les meilleures qualités culinaires et gustatives se trouvent parmi les variétés dites à chairs fermes, qui conduisent à une bonne tenue à la cuisson, mais ce sont des tubercules de garde moyenne, comprise entre quatre et six mois.

La connaissance des critères de choix commence a se développer, car les produits proposés à la vente pour consommation sont maintenant référencés avec leur nom de variété et, pour les semences, certains critères sont mentionnés ou cotés.

Classement des variétés

Chaque année, de nouvelles variétés, issues de sélections, sont mises sur le marché.
Plus résistantes à telle maladie, plus productives, meilleures que... etc.

Plus de 150 variétés peuvent être proposées aux jardiniers amateurs, mais l’offre réelle de la distribution se concentre sur une trentaine d’entre elles. Ainsi, un distributeur local spécialisé proposait 27 variétés, classées en :
- Pommes de terre de rendement,

  • * précoces 80–90 jours,
  • * ½ tardives 120–150 jours
    - super cordon bleu
  • * très précoces 70–80 jours
  • * ½ tardives 120–150 jours
    - cordon bleu
  • * précoces 80–90 jours,
  • * ½ précoces 90–120 jours
  • ½ tardives 120–150 jours
    - Peau rouge
  • * Précoces 80–90 jours
  • * ½ tardives 120–150 jours
  • * tardives plus de 150 jours

    Par ailleurs, l’offre se partage en deux grandes catégories : les Pommes de terre à chair ferme et les Pommes de terre de consommation courante.
    Il est à noter que les variétés classées cordon bleu ou super cordon bleu sont à chair ferme, tandis que les consommations courantes sont dans les variétés dites ici "de rendement", catégorie dans laquelle se trouvent les meilleures durées de conservation.
    Les Pommes de terre "peau rouge" se répartissent dans ces deux dernières catégories.
    Sur le catalogue de grands grainetiers, nous trouvons entre 5 et 17 variétés, en majorité reprises par la grande distribution, mais aussi quelques curiosités ou raretés qui, elles, n’intéressent pas le grand public et qui, pour des raisons diverses (rendement, etc.), n’intéressent pas les producteurs.

Nota : le chiffre mentionné colonne conservation exprime le nombre de mois dans les meilleures conditions

Pommes de terre à chair ferme

noms culture

(jours)

rend. conserv. aspect utilisations observations
Amandine 75-90 bon faible oblongue, peau et chair jaune accompagnement, salade, sautée, bonne tenue sensible au mildiou
Belle de Fontenay 60-80 faible très faible peau et chair jaune foncé accompagnement, salade, sautée, au four très bonne saveur la plus précoce, sensible aux maladies
B F 15 80-105 bon faible peau jaune, chair jaune foncé accompagnement, salade, sautée assez rustique
Charlotte 90-120 bon moyenne oblongue, peau et chair jaune accompagnement, salade, sautée, bonne qualité gustative tubercules nombreux et réguliers
Chérie 75-90 très bon assez faible oblongue allongée, peau lisse rouge, chair jaune pâle accompagnement, salade, sautée très bonne tenue à la cuisson peu sensible aux maladies
Franceline 100-120 bon assez bonne oblongue allongée, peau rouge chair jaune accompagnement, salade, sautée, bonne qualité gustative 1/2 tardive
Pompadour 120-140 très bon assez bonne oblongue allongée, peau et chair jaune accompagnement, salade, sautée, bonne qualité gustative plante vigoureuse mais sensible aux viroses
Ratte 115-135 faible assez bonne reiniforme, peau et chair jaune accompagnement, ragoûts, salades, sautée ou rissolée, grande saveur cette tardive à faible rendement est considérée comme la meilleure
Rosa 140-160 assez bon bonne 8 rouge, chair jaune sautée, rissolée, salade, ragoûts bonne qualité gustative
Roseval 120-140 très bon moyenne oblongue, bouts éffilés, peau rouge, chair jaune accompagnement, salade, sautée variété vigoureuse, tubercules nombreux, chair jaune parfois veinée de rouge
Stella 115-135 bon moyenne oblongue allongée, peau et chair jaune accompagnement, salade, sautée bonne tenue de cuisson, qualité gustative  
Rouge du 14 juillet 110-120     rouge chair jaune et sucrée accompagnement, frites, sautée, bonne tenue chair très ferme
Vitelotte noire 120-140 faible assez bonne oblongue, cylindrique, peau et chair violette salades, purées, décoration

 

 

 

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                   Amandine

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                                                                                                                  Ratte

Pommes de terre de consommation

noms culture

(jours)

rend. conserv. aspect utilisations observations
Apollo 75-90 bon faible 3 oblongues, peau et chair jaune sautée, potage, purée primeur
Béa 70-90 assez bon moyenne 4 oblongue allongée, peau et chair jaunes clair sautée, potage, purée beaux tubercules, à soigner durant la conservation
Bintje 105-125 très bon bonne 9 oblongues, peau et chair jaune potage purée  
Claustar 90-120 très bon moyenne 6 chair jaune frites, purée qualité culinaire passable
Délice 80-90 bon moyenne 6 chair jaune pommes vapeur, frites  
Désirée 110-120 bon bonne 8 oblongue, peau rouge, chair jaune potage, purée sensible à la galle commune
Institut de Beauvais   très bon bonne chair jaune pâle, presque blanche excellente en purée 1/2 hâtive, assez grosse tubercules jusqu’à 500 g
Kerpondy 120-150 très bon bonne 8 oblongue, peau rouge, chair jaune potage, purée  
Manon 90-120 bon moyenne 6 oblongue, peau rouge, chair jaune sautée, potage, purée, bonne qualité gustative résistance au mildiou
Marine   bon moyenne 5 chair jaune frites, purée qualité culinaire passable
Mona-Lisa 85-120 bon moyenne 5 oblongue, peau et chair jaune potage, purée beaux tubercules réguliers
Ostara 70-90 très bon faible 2 oblongue courte, peau et chair jaunes sautée, potage, purée pour primeur
Rezy 80-90 bon faible 3 chair jaune frites, purée, potage.  
Rosabelle 75-90 bon faible 2 oblongue, peau rouge, chair jaune rissolée, potage, purée  
Rozen   assez bon     rissolée, potage, purée haute qualité gustative
Rubis   très bon   peau rouge, chair jaune rissolée, potage, purée conserve sa couleur après cuisson
Samba 90-120 très bon bonne 9 oblongue allongée, peau et chair jaunes potage, purée bonne qualité gustative
Sirtema 65-85 bon faible 2 oblongue courte, peau et chair jaunes sautée, potage, purée pour primeur
Spunta 85-120 très bon moyenne 6 oblongue allongée, peau et chair jaunes potage, purée peut être cultivée en primeur
Starlette 80-90 très bon moyenne 5 chair jaune pâle pommes vapeur, rissolées, frites  

 

                        

                                    

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                        Apollo

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                                                                                                                  Ostara

Globalement, les Pommes de terre préfèrent la terre acide et redoutent l’excès d’humidité.
Qui dit acidité, dit également pas de chaulage avant mise en place des plants.
De même, il est déconseillé d’ensemencer un sol fraîchement fumé.

Ces précautions étant prises, il faudra attendre que le sol soit quelque peu réchauffé, 8°C minimum, pour planter et dans notre région, certains prennent en repère la St Joseph, c’est-à-dire la mi-mars si, du moins, l’humidité du sol l’autorise.
A défaut, il faudra patienter un peu, ce qui n’est pas grave en début de saison.
La mise en terre début avril me semble plus sage, car les jeunes pousses craignent la gelée et les dernières gelées se produisent souvent début avril !

Choix des plants

Les variétés étant choisies, la première année de culture deux solutions s’offrent à nous : acheter des semences et les mettre à germer ou acheter des plans germés, ou supposés tels, en caissettes.
La seconde année, nous ferons nous-mêmes nos semences en prélevant des petits spécimens calibrage 25/40 mm dans la récolte précédente, sauf si l’on change de variété.
Pour faire germer les plants, il importe de les disposer verticalement dans des clayettes, rangés côte-à-côte, dans un local tempéré frais, en zone de lumière.
Le coût moyen des plants germés était, en caissettes, de 7,70 € environ pour 60 plans et aux alentours de 6,50 € en vrac. Prix relevés en caissettes de 60 plans : Belle de Fontenay 7,20 €, Bintje 6,35 €, Charlotte 7,85 €, Chérie 9,35€.
Ce coût, qui n’est pas anodin, incite à faire ses plants soi-même. Cependant, il existe un risque important de dégénérescence qui conduit à une réduction sensible du rendement. Il est donc souhaitable de renouveler la souche en achetant de nouveaux plants certifiés à intervalles réguliers. 2 ans ? 3 ans ??
Il sera important de surveiller les rendements obtenus en tenant compte de la qualité de la saison et de tenir son journal de jardin.

Il est préférable de planter des plants germés pour un meilleur démarrage de la culture, plus rapide et donc une récolte plus précoce. Les germes auront de 1 à 3 cm de long et seront assez puissants, colorés, par opposition à des germes de "recherche de lumière" blancs, longs et fins.

Plantation

Pour la plantation, les plants seront disposés en rangs, espacés de 70 cm et placés tous les 40 cm sur le rang, à 10 cm de profondeur. Les tubercules sont disposés verticalement, les germes vers le haut. Dans la mesure du possible, les rangs sont orientés nord-sud.
Habituellement les tubercules sont enterrés au fond d’un sillon
préalablement ouvert et, lors de la mise en place, ne pas oublier de traiter le sol (en fond de sillon) pour limiter, voire éliminer les attaques des insectes et particulièrement celles du ver fil de fer.

Le fait de les avoir plantées en fond de sillon, permettra le cas échéant de couvrir les jeunes pousses et ainsi de les protéger des gelées blanches tardives.
Trois semaines après la levée et surtout avant que le vent ne casse les jeunes tiges, il y aura lieu de les butter. Cette opération consiste à élever une butte de terre sur toute la longueur du rang, au moyen d’une binette. La butte est d’environ 20 cm de haut pour 40 cm de large à la base.
Les tubercules se formeront dans cette levée de terre qui accumule la chaleur.
_ Il ne faut pas que les tubercules soient à la lumière cause de verdissement : aussi, l’opération de buttage sera reprise, vérifiée et améliorée en juin ce qui permettra également de désherber.

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Buttage des Pommes de terre

Récolte des Pommes de terre de conservation

La récolte des Pommes de terre de conservation, suivant les variétés et l’époque de plantation, se fera en septembre ou octobre, certaines, rares et peu utilisées, pouvant aller jusqu’à novembre.
En principe, les fanes sont sèches et ne servent plus qu’a repérer le pied.
Lorsque les fanes sont encore vertes, certains préconisent de les couper une à deux semaines avant la récolte, pour favoriser un ultime grossissement des tubercules.
Il n’est pas nuisible, bien au contraire, de dépasser les durées indiquées pour la maturité. Les devancer serait plus gênant.
L’arrachage se fait au moyen d’un croc à deux dents, en s’efforçant de ne pas blesser les tubercules et il est bon de les laisser sur le sol "se ressuyer" quelques heures avant de les rentrer.
Si les Pommes de terre doivent passer la nuit dehors, il importe qu’elles soient protégées du rayonnement lunaire par une bâche ou autre pour éviter le verdissement.
Les tubercules abîmés lors de l’arrachage ou par les divers agresseurs seront séparés du stock pour être consommés en premier et ne pas risquer le pourrissement au milieu des produits sains.

Conservation

Le stockage se fera dans un local sec, frais, aéré et sombre.
Pour des raisons de conservation et d’utilisations variables, les différentes variétés ne seront pas mélangées, mais au contraire soigneusement séparées et repérées, voire étiquetées.

Il existe des produits anti-germes, que l’on aura soin de ne pas utiliser sur nos futures semences et dont l’usage ne doit pas être systématique.
Nos anciens ne connaissaient pas ces produits issus de la chimie moderne, mais disposaient de locaux meilleurs que nos constructions actuelles pour la conservation et, par ailleurs, ils savaient dégermer…

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‘Belle de Fontenay’

Culture des Pommes de terre primeur

Les premières Pommes de terre primeur étaient, au départ, dues à une astuce de jardinier : on récoltait avant maturité quelques tubercules par plant pour permettre aux autres de grossir.

Si les règles générales de plantation et de culture sont identiques, des précautions particulières seront prises pour assurer aux plantes la chaleur nécessaire à leur croissance.
Ces précautions et le mode primeur seront différents suivant le matériel dont vous disposez.
Il est très important de réchauffer la terre le jour mais aussi, et surtout, d’éviter qu’elle se refroidisse la nuit.
Pour cela, les sillons de plantation seront ouverts plusieurs jours à l’avance. Un tunnel est établi au-dessus des sillons et soigneusement refermé le soir pour limiter le refroidissement nocturne.
La plantation, le buttage, se feront normalement ensuite.
Le matériel le plus simple consiste en un voile de forçage que l’on étendra au-dessus de la plantation, en prenant soin de bien le fixer, mais il peut également être utilisé en seconde épaisseur, sous un tunnel, surtout en début de saison.
La serre tunnel représente la meilleure des solutions car elle limite les opérations d’ouverture/fermeture du tunnel et facilite l’accessibilité, mais son utilisation est fonction des possibilités financières, d’espace et d’esthétique.
Après 70 à 90 jours de culture, suivant les variétés, débute la récolte des primeurs.
Hors de nos jardins particuliers, la production est principalement faite dans les zones côtières du Finistère-Nord, des Côtes-d’Armor et d’Ille-et-Vilaine. La commercialisation des produits primeur se fait de fin avril à fin juillet. Elle représente 80 000 tonnes !
En ce qui nous concerne, pour une mise en place début mars, la récolte primeur se fera dans la première quinzaine de mai pour la Belle de Fontenay. Cependant, les risques de gelée, et donc les risques d’échec, sont tels qu’il faut limiter le nombre de pieds, quitte à étaler la mise en place.
De même, la récolte se fera pied par pied, suivant les besoins.

Ravageurs et maladies des Pommes de terre

Les ravageurs

Nos charmants tubercules sont la cible de bien des appétits et, comme nous ne sommes pas très partageurs, nous devrons lutter contre ces gourmands que je classerai en trois groupes :
Les insectes souterrains, les insectes de surface, les rongeurs.
- Les insectes souterrains, c’est-à-dire ceux qui vivent dans la terre et dont la présence est discrète.

Le ver fil de fer ou larve de taupin, (2 à 3 cm de long, teinte jaune orangée ou ivoire, tête brune, le corps constitué d’anneaux). Celui-ci va s’attaquer aux tubercules et les percer d’un grand nombre de trous de 2 à 3 mm de diamètre. Il est possible de piéger le taupin en enterrant, coupe contre terre, un morceau de Pomme de terre repéré par une petite baguette. Il suffit alors de relever les pièges à intervalles réguliers et, bien évidement, de détruire les prises éventuelles.

La courtilière ou grillon taupe : c’est un orthoptère (famille des sauterelles) qui creuse des galeries et qui s’attaque à tous types de racines. Dans nos Pommes de terre, la courtilière creusera des cavités profondes, souvent proches du type galeries, et les ravages sont important. Pour ces deux principaux ennemis, nous serons contraints de traiter le sol à la plantation des semences, en traitant le sillon avec un produit adapté qui malheureusement présente l’inconvénient de détruire les autres formes de vie dans le sol.

- Les insectes de surface

Le plus connu de tous, le doryphore, coléoptère jaune rayé de noir, est particulièrement nuisible par ses larves, qui dévorent rapidement la partie aérienne de la plante. Deux méthodes d’élimination : soit le traitement chimique par pulvérisation éventuellement associé à la bouillie bordelaise, soit l’élimination manuelle, longue, fastidieuse et d’une efficacité aléatoire.

  • la limace, et particulièrement la grise, qui s’attaque aux jeunes tiges au ras du sol, voire dans leur partie proche de la surface. Regardez bien une jeune pousse cassée car ce n’est pas forcément et complètement le vent. En fin de saison, les limaces s’attaquent aux tubercules eux-mêmes, où elles creusent de grosses cavités.
    - Les rongeurs
    De grands amateurs de tubercules, qu’ils évident complètement ! Ils trahissent leur présence par le débouché des galeries d’environ 3 cm de diamètre et je n’ai pas encore l’expérience d’une lutte réelle bien qu’ils m’aient fait subir des dégâts appréciables.
    Si vous utilisez des graines empoisonnées, il importe qu’elles ne soient pas accessibles aux oiseaux et il en est de même pour les tapettes où il n’est pas agréable de trouver un petit rouge-gorge. Ces mêmes rongeurs s’attaqueront avec un appétit féroce à votre stock que vous devrez défendre avec obstination.
    Un auxiliaire des rongeurs est la taupe, qui pousse ses galeries dans l’axe des buttées, sans trahir sa présence car la terre est meuble et ne nécessite pas de rejet.

    Les maladies

    - Le mildiou
    C’est la maladie principale et redoutée de tout jardinier.Ce fléau est apparu en Europe vers 1840 où il cause de grands ravages.
    Il s’agit d’un champignon, qui survient lors des coups de chaleur qui suivent les pluies ou même les brouillards. Cela commence par des taches sur le feuillage, voire le noircissement de l’extrémité des feuilles, puis du rameau entier et les tubercules peuvent également être atteint. Ils présentent alors des taches vitreuses et peuvent pourrir. Dès l’apparition des taches sur le feuillage, il faut faire très vite !

  • Le remède, à base de sels de cuivre, n’est apparu qu’en 1880 : il s’agit de "la bouillie bordelaise", d’abord expérimentée sur le mildiou de la Vigne. Le traitement consiste à pulvériser les plans, de l’ordre de trois pulvérisations à 15 jours d’intervalle. A titre préventif, ce traitement peut être mis en œuvre trois semaines après la levée.
    Certaines variétés sont plus ou moins résistantes, mais je ne pense pas que l’on puisse se passer totalement de traitement. L’arrosage des cultures de Pomme de terre est bien sûr déconseillé et, pourtant, un peu d’humidité eut été bien nécessaire au début de certains été.
    - La gale
    Gale commune : taches comme du liège, petites boursouflures sur la peau des tubercules que l’on découvre à l’arrachage. Ces tubercules restent comestibles, mais il est nécessaire d’enlever les taches par un épluchage plus profond que la normale. Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement contre la gale que l’on découvre d’ailleurs lors de la récolte. La solution, pour éviter l’installation de cette maladie est dans le respect d’un plan d’assolement d’au moins trois ans, voire cinq ans. Les engrais et amendements calcaires seront évités et, en cas de découverte de la maladie, la culture d’engrais verts (Trèfles, Luzerne, Fèverole…) est conseillée. Il est à noter que cette gale peut atteindre d’autres plantes comme la Tomate (gale bactérienne) ou les céleris (gale rugueuse)

    Gale poudreuse : des gales brunes se développent en cours de conservation et laissent échapper une poudre brune en éclatant. Ne pas conserver les tubercules atteints. D’autres maladies existent, ainsi que vous pouvez le voir dans les fiches de variétés présentées, mais dont les manifestations sont difficilement identifiables.

    Anomalie :
    La Pomme de terre creuse n’est pas une maladie mais une anomalie due à une croissance trop rapide. Un sol très riche en azote, limiter la fumure à d’autre zones et de l’humidité en excès au début de la formation des tubercules.

    Michel Belloche