Cheimatobie

La cheimatobie ou phalène hiémale est un papillon polyphage dont la chenille est très nuisible. Quasiment disparue il y a quelques dizaines d’années à la suite de certaines modalités de traitement, elle est à - nouveau relativement fréquente mais de manière apparemment aléatoire. Elle évolue sur de nombreuses essences fruitières et forestières. Les cerisiers, les abricotiers, les pruniers et les pommiers sont les hôtes les plus fréquents.

L’importance des attaques est très variable d’une année à l’autre, mais quand elles pullulent sur un cerisier par exemple, elles peuvent endommager ou détruire la quasi-totalité du feuillage. Le terme de phalène hiémale (hiémale = hivernal) vient du fait que les papillons apparaissent d’octobre à décembre (parfois plus tard à une époque ou les autres insectes sont en hivernation). Comme toutes les phalènes, le mâle et la femelle présentent un dimorphisme sexuel accusé. La femelle n’a que des moignons d’ailes, elle est incapable de voler (c’est un papillon marcheur). Les mâles ont des ailes normales gris brun. Leurs corps est d’environ 8 à 10 mm et l’envergure du mâle de 20 à 25 mm.

Dès leur sortie les femelles gagnent l’extrémité des branches où elles sont fécondées et déposent leurs pontes. L’éclosion des jeunes chenilles a lieu au début du printemps, elles s’attaquent d’abord aux bourgeons, aux lambourdes, aux fleurs dont elles détruisent tous les organes, puis aux feuilles et enfin aux jeunes fruits. A leur plein développement elles atteignent environ 30 mm.

Elles se déplacent de manière caractéristique : elles rapprochent leurs pattes antérieures et leurs fausses pattes postérieures, puis lancent leur corps en avant, paraissant ainsi « arpenter » leur chemin, d’où le nom de chenilles arpenteuses (et le nom de géométrides attribué à la famille de ces papillons).

A la fin de leur développement larvaire (au bout d’une quarantaine de jours environ) les chenilles se laissent choir sur le sol, pendues à un fil de soie puis elles s’enfoncent dans le sol ou elles se nymphosent dans une coque terreuse. L’insecte reste ainsi au repos pendant tout l’été, jusqu’à l’automne.

Les conséquences de ces attaques peuvent être plus ou moins graves selon l’importance des populations de chenilles.

La récolte de l’année peut être en partie ou totalement détruite, mais celle de l’année suivante peut être aussi compromise.

Lutte

- Piégeage : à l’automne, pose de bandes engluées autour des troncs, empêchant les femelles de gagner la couronne de l’arbre.

- Lutte chimique : les traitements d’hiver permettent la destruction des œufs, dans la mesure où l’arbre entier est traité, en particulier le sommet de la couronne.

Les traitements de printemps visent les jeunes chenilles avant que des dégâts importants soient causés. Le traitement insecticide peut s’associer aux traitements anticryptogamiques pré ou post floraux.

Maryvonne Decharme